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Repenser le financement durable de la santé en Afrique : De la dépendance au partenariat - P4H Network

Repenser le financement durable de la santé en Afrique : De la dépendance au partenariat

L’Agenda pour la santé en Afrique, mis en avant lors de la conférence AHAIC 2025, souligne la nécessité urgente pour les nations africaines de passer à des stratégies de santé proactives et à un financement durable et local en réponse à la diminution du soutien extérieur et à l’augmentation des problèmes de santé.

Le programme de santé de l’Afrique, bien qu’étroitement aligné sur les objectifs de santé mondiaux, est confronté à des défis uniques, notamment la persistance du fardeau des maladies infectieuses et l’augmentation de la prévalence des maladies non transmissibles (MNT). Githinji Gitahi, directeur général du groupe Amref Health Africa, lors de la conférence internationale sur l’agenda sanitaire de l’Afrique (AHAIC) 2025, qui s’est tenue à Kigali, au Rwanda. Le thème de la conférence, “Connectés pour le changement : La dynamique socio-écologique de la santé”, a appelé à une collaboration entre les nations africaines pour faire face aux menaces environnementales et aux changements dans le financement mondial de la santé qui ont un impact sur les systèmes de santé à travers le continent. L’urgence d’agir est renforcée par l’émergence de nouvelles menaces sanitaires et par les restrictions financières.

La conférence a mis l’accent sur le passage de stratégies de santé réactives à des stratégies proactives, sur la transformation d’un financement fragmenté en modèles intégrés et sur la promotion de collaborations multilatérales au lieu d’opérer dans des silos nationaux. Bien qu’il soit essentiel de reconnaître les défis, l’accent a été mis sur l’élaboration de solutions audacieuses, durables et dirigées par l’Afrique. Il en ressort clairement que la santé doit être considérée comme un investissement plutôt que comme une simple dépense.

Pour que l’Afrique puisse construire des systèmes de santé résilients et équitables pour l’avenir, il est essentiel de repenser le financement de la santé. Il s’agit notamment de donner la priorité à la prévention et de renforcer les capacités d’innovation médicale. Le financement de la santé en Afrique se trouve actuellement à un tournant. Pendant vingt ans, le soutien des donateurs extérieurs a été essentiel pour financer des initiatives telles que les programmes de lutte contre le VIH/sida et la distribution de vaccins. Toutefois, les récents ralentissements économiques mondiaux, la lassitude des donateurs et l’évolution des priorités politiques ont entraîné une diminution de ce soutien.

La pandémie de COVID-19 a révélé les vulnérabilités des systèmes de santé trop dépendants des financements extérieurs, soulignant la nécessité de modèles de financement durables, menés au niveau national. Le Dr Gitahi a souligné l’importance d’axer les discussions sur les communautés desservies plutôt que sur les seuls retraits de fonds. Si l’aide extérieure joue un rôle dans le soutien des communautés et les intérêts des donateurs, les nations africaines doivent s’approprier davantage leurs problèmes de santé tout en recherchant des possibilités de collaboration. L’évolution de la situation donne l’occasion à des pays comme le Nigeria de s’approprier leur programme de santé.

Des experts comme le Dr Chikwe Ihekweazu, de l’Organisation mondiale de la santé, ont exprimé leur optimisme quant au fait que les défis actuels en matière de financement pourraient encourager les dirigeants africains à accroître leurs investissements dans le domaine de la santé et à favoriser la collaboration au sein des pays et entre eux. Pour naviguer dans ce paysage financier, l’Afrique devrait adopter son programme de santé de manière plus rigoureuse, en utilisant des mécanismes tels que les régimes nationaux d’assurance maladie et la taxation des produits nocifs pour la santé, tout en faisant appel au secteur privé par le biais de modèles de financement mixtes. Il est essentiel de se concentrer non seulement sur les dépenses, mais aussi sur l’efficacité et l’orientation de ces dépenses, comme l’a souligné le Dr Sabin Nsanzimana, ministre rwandais de la santé.

Historiquement, les systèmes de santé africains ont donné la priorité au traitement plutôt qu’à la prévention. Alors que le fardeau des maladies non transmissibles et des problèmes de santé mentale s’alourdit, les investissements dans les stratégies de prévention restent disproportionnellement faibles. Les preuves de l’efficacité de la prévention sont nombreuses et montrent que les investissements dans les soins de santé primaires, la vaccination, la nutrition et l’éducation à la santé produisent des bénéfices significatifs à long terme par rapport aux coûts associés au traitement des maladies évitables. Le Dr Gitahi a souligné l’importance de donner la priorité aux mesures de prévention, en considérant la santé comme quelque chose qui se crée à la maison, alors que les hôpitaux devraient servir principalement d’installations pour les réparations.

L’AHAIC 2025 a appelé à un changement fondamental d’orientation, exhortant les gouvernements à intégrer la prévention dans les politiques de santé avec le même engagement que celui accordé aux soins curatifs. Il s’agit notamment de renforcer les programmes de santé communautaire, d’intégrer les innovations en matière de santé numérique pour la détection précoce et de mettre en œuvre des politiques favorisant des modes de vie plus sains. En fin de compte, la prévention ne représente pas seulement un impératif de santé, mais aussi une approche économique stratégique qui peut réduire les coûts des soins de santé à long terme tout en stimulant la productivité.

Référence
Oluoma Omeje et Chibuike Alagboso, Repenser le financement durable de la santé en Afrique : De la dépendance au partenariat, Observatoire de la santé au Nigeria, 15 Mar 2025